Livres

Pauline Toulet
La petite vadrouille

Mise sous scellés du deuxième roman de Pauline Toulet, confondue pour trafic et récidive dans le burlesque tongue-in-cheek. «Comment faisaient-ils, déjà, dans les séries télévisées?»

Se suicider sur le lit d’un inconnu sans retirer ses chaussures! «Avouez que c’est curieux», s’insurge Félix Soupel. Chiffonné par l’indélicatesse de retrouver un cadavre chez lui, le correcteur free-lance pour Miam Magazine et Sapé découvre les affres du Airbnb, son manque de savoir-vivre. L’appartement mis sous scellés, la police semble faire montre d’une rare incompétence, poussant l’infortuné héros à enquêter. Secondé par Gabriel, 9 ans, un neveu sur la soupe, le détective amateur remonte la piste jusqu’à un salon de coiffure dont la tenancière, sous surveillance électronique, serait de mèche avec un certain Luc, jardinier de son état. Une piste à creuser?

Dans l’inaugural Anatole Bertolu a disparu (Le Dilettante), un ethnologue se carapatait en empruntant uniquement des rues ne contenant pas la lettre «e». On découvrait le style de Pauline Toulet: saugrenu, sympathique, parfois pris d’une petite flemme, enquillant généreusement les trouvailles au risque de conserver quelques vannes «gratuites» qui seraient évincées lors du rodage d’un spectacle de stand-up. Ici, un bref pastiche du chroniqueur littéraire Augustin Trapenard ou une ode à l’animatrice de France Inter Eva Bester ne font pas nécessairement avancer le schmilblick… Reste que l’ouvrage gagne en dynamisme: monté sur ressort, le sens du burlesque s’y affirme davantage. Entre deux leçons de conduite, une filature en Vélib’ et un trafic de gogottes des sables via forum Doctissimo (on vous laisse la surprise), l’ouvrage prête à sourire deux fois plutôt qu’une. On l’imagine sans peine talonner Fabrice Caro dans le peloton des ventes. «Prends ce qu’on te donne, tu voleras le reste plus tard.»

LIVRES / ROMAN

Les morts manquent de correction

de Pauline Toulet

Editions Finitude, 224 p.

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